RÉSIDENCE IMMERSION
Guillaume Saur
16 juin - 26 juillet 2026
Rencontre bilan de fin de résidence : samedi 25 juillet, à 16h
Guillaume Saur est un artiste dont la pratique est enracinée dans les différentes altérations de l’image contemporaine. Il consacre ses recherches à la manière dont le temps et la matière façonnent notre perception du monde, en se concentrant sur la représentation visuelle d’empreintes typologiques. En s’intéressant aux matériaux qui enregistrent, transforment ou effacent les traces archéologiques, géologiques et écologiques, il interroge les relations entre le visible et l’invisible, le stable et le changeant, le vivant et le non-vivant.
L’acte de la marche occupe une place centrale dans son approche : il lui permet d’observer, de capturer et d’interpréter les liens entre les empreintes laissées par la nature elle-même et celles qui témoignent de l’intervention humaine. À travers cette démarche, Guillaume Saur révèle un écosystème de transformations complexes et interconnectées, où chaque trace devient le signe d’une mémoire inscrite dans la matière et d’un territoire en constante évolution.
Pendant son séjour à Frelighsburg, Guillaume Saur développera Ce que les plantes gardent, un projet qui s’articule autour de la fabrication artisanale de papier à partir de plantes indigènes de la région possédant des propriétés de phytoremédiation. À partir de cette matière, il réalisera une série d’empreintes par contact à partir d’objets récoltés lors de marches dans les champs, ruisseaux et forêts, révélant les traces discrètes laissées par les activités humaines dans le paysage.
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À l’étage de la grange, Guillaume Saur présente Écologies de la lenteur, une installation composée de plusieurs pièces où la matière végétale devient à la fois sujet, matériau et agent de transformation. Peuplier, saule, agrostide, mélilot, tournesol, fétuque : ces plantes indigènes, choisies pour leurs propriétés de phytoremédiation, possèdent la capacité d’absorber, de fixer ou de neutraliser certains contaminants présents dans les sols et les eaux. L’œuvre s’ancre ainsi dans une temporalité souterraine, celle des cycles biologiques et des réparations invisibles.L’installation trouble les frontières entre matériau, résidu, support et œuvre. Elle réunit des images imprimées colorées de teintures végétales, des cadres en argile de papier, des socles en peuplier, des fragments de béton porteurs d’images, des semences ainsi que des fleurs de tournesol séchées. Les plantes deviennent tour à tour pigments, empreintes, supports, fragments, volumes, archives ou promesses de germination. À travers ces états successifs, l’œuvre fait apparaître une chaîne de métamorphoses où la transformation de la matière rappelle celle des cycles écologiques lents et devient le lieu d’une régénération.
Guillaume Saur pense ses œuvres comme des transferts, où le procédé permet de révéler une trace et de rendre perceptible la relation active entre un organisme et son milieu. En écho à la pensée du philosophe Baptiste Morizot, qui invite à reconnaître les diplomaties silencieuses du vivant, l’artiste ne considère pas les plantes comme de simples motifs, mais comme des présences agissantes, capables d’habiter un territoire et d’en modifier patiemment les conditions.
Gauthier Melin
Biographie
Guillaume Saur est un artiste visuel qui vit et travaille à Tiohtià:ke / Mooniyang / Montréal. Il titulaire d’un BFA en photographie de l’Université Concordia à Montréal (2020), et d’un MFA en arts visuels de l’Université Emily Carr à Vancouver (2022).
Son travail a été présenté dans plusieurs galeries et festivals au Canada, y compris la Libby Leshgold Gallery à Vancouver, Maytens Project à Toronto ou le festival Art Matters à Montréal, ainsi qu’à l’international au Japon et en Tunisie. Sa recherche est soutenue par le Fonds de recherche du Québec – Société et culture (FRQSC), le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH), le Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ), ainsi que par le Conseil des arts du Canada (CAC).